
Cette délibération me fait un peu penser à ces tours de passe-passe bien connus dans les rangs du parlement et du gouvernement qui consistent, à chaque difficulté, à créer des hautes instances à
quelque chose, des hautes autorités à ceci ou à cela et dans lesquelles on met tout un tas de gens histoire de noyer le poisson, de gagner du temps et surtout de botter en touche devant la
complexité de la réalité de la gestion des affaires.
Pas étonnant donc qu’une ancienne ministre et encore sénatrice nous sorte cette vieille ruse de son
chapeau et nous propose une commission extra-municipale sur l’amélioration de la propreté… alors que cette question est tout simplement la première des priorités, la première des attentes,
la première des exigences de nos concitoyens. Et que cette question est de votre responsabilité première en votre qualité de maire.
Alors, conscients des difficultés que vous rencontrez dans la gestion des affaires municipales, nous serions tentés de vous proposer la création d’une Haute Autorité pour la défense de la démocratie locale et participative, un haut commissariat à la gestion et à l’écoute respectueuse du personnel communal, un observatoire des relations avec les acteurs du développement économique de notre ville, une commission locale d’étude des besoins des associations sportives de notre ville ou encore un conseil d’experts pour la défense des cinémas municipaux d’art et essai.
Mais, soyons sérieux, en matière de propreté, vous voulez établir un diagnostic, déterminer les moyens à mettre en œuvre, réfléchir sur des dispositifs à créer. Mais qu’avez-vous faits depuis bientôt 2 ans ? Vos équipes, les agents communaux des services de la ville, ont une expérience et une connaissance de la situation. Ils savent là où ils manquent de moyens, ils savent qu’il faut plus de personnel et plus de moyens matériels. Ils connaissent les points qui posent problèmes, les axes problématiques tels que la rue de Paris.
Un diagnostic partagé ? Attendu pour juin ? Mais ce diagnostic partagé vous l’avez, vous ne pouvez l’ignorer : la ville n’a jamais été aussi sale ! A chacune de vos 6 réunions de vœux dans les quartiers cela vous est revenu.
Dans un courrier adressé aux séniors pendant la campagne pour les élections municipales, je me souviens cette remarque crâneuse : « regardez la propreté, la voirie, l’éclairage public, l’état des trottoirs… Je veux améliorer la qualité des services, garantir leur accessibilité à tous et conduire une politique d’embellissement et de développement des espaces verts de proximité. »
Et cette remarque en page 23 de votre programme : « Contrairement à l’équipe sortante, nous attacherons une grande importance à la qualité de l’espace public. C’est un constat unanime, la ville est en mauvais état en ce qui concerne la propreté, […]. Nous voulons rendre les espaces publics plus beaux, plus propres, plus accueillants et plus sûrs. […] A ce titre, nous souhaitons engager un plan d’urgence […]. Nous voulons également conduire une véritable politique d’embellissement et de renforcement de la qualité des espaces verts. ».
Résultat… c’est pire et vous en êtes encore à vouloir faire des diagnostics, des évaluations et à mener des réflexions !
Où sont vos collègues Fabienne Vansteenkiste, Daniel Mosmant, Patrick Petijean ou encore Catherine Pillon, qui connaissent la situation et ont certainement plein d’idées et de propositions sur tout cela… Ils n’ont eu de cesse pendant tout le mandat précédent de critiquer une situation que tout le monde s’accorde à décrire comme pourtant bien meilleure qu’aujourd’hui. Ils ont eu le temps d’y réfléchir eux qui ont tellement donné de leçons dans le passé...
Alors oui, c’est compliqué, ce n’est pas facile. Mais nous allons vous avouer quelque chose, vous avez été élus pour cela et c’est sur cela que nos concitoyens vous jugent.
Nous espérons que les travaux et conclusions de cette commission connaîtront un sort plus heureux que ceux de la commission extra-municipale sur les Murs à Pèches dont tout le monde s’accorde à dire que les orientations qui en sont sorties sont loin, bien loin de satisfaire les acteurs et partenaires directement concernés.
Très sceptiques sur la démarche engagée nous nous abstiendrons sur cette délibération mais, notre groupe, comme les deux autres groupes, ne se dérobera pas et aura donc un représentant dans cette commission.



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